2 decembre 1804 – 3 decembre 2004 :

2 décembre 1804 – 3 décembre 2004 :

«L’empereur, après avoir lui-même posé sur son front, l’une après l’autre, deux couronnes, vient d’y reprendre la seconde, et où l’élevant dans ses deux mains, il s’apprête à la placer sur la tête de son auguste épouse (…) L’empereur est debout sur une des marches de l’autel : l’impératrice est représentée à genoux, les mains jointes et élevées vers son souverain, en signe de reconnaissance et de respect».

Le Sacre, célèbrissime et monumental tableau de 9,79 m sur 6,21 m exécuté par David, immortalisé à jamais dans une magnificence recueillie, solennelle et immobilisée, le geste arrêté et impérieux qui consacre le nouvel empire et le pare de grâce divine et de majesté impériale.
La cérémonie ne se passa pas ainsi, mais cela sera toujours ainsi. Par la bénédiction Papale, la force de ses armées et le plébiscite républicain, Bonaparte est sacré empereur des Français le 2 décembre 1804, devenant ainsi Napoléon 1er le grand et accédant par ce biais à l’immortalité des dieux et des géants de l’histoire. Prolongement carolingien, héritage monarchique et démonstration républicaine, l’acte fondateur de la IVème dynastie inscrit à jamais la geste Napoléonienne dans la légende des siècles. Ajaccio y gagne son statut de ville impériale qui la précédera désormais par delà les frontières et les époques. Depuis l’avènement du grand homme, deux siècles de renommée héroïque et romantique contemplent la «ville berceau» d’un œil admiratif et envieux. En cette année symbolique, l’heure est au rappel du souvenir du plus illustre d’Ajaccio.

L’association du « 2ème régiment de chasseurs à pied de la garde : Passion et bénévolat au service de la ville et du culte napoléonien.

De cérémonie commémorative en célébration haute en couleur, la liturgie est toujours la même. Ajaccio vit chaque moment important au pas cadencé de ses grognards et aux rythmes martiaux de ses fifres et tambours.
Rituel bien huilé et événement dans l’événement, la parade des braves se veut les armoiries vivante et mouvante d’une agglomération ajaccienne avide de reconnaissance internationale. Fruit impérial d’une volonté initiée lors du bicentenaire de la naissance du «divin enfant» l’association du 2ème régiment de chasseurs à pied de la garde plus connu sous le vocable de « grognards » prend la suite des «Tambour empiré» et se structure à partir de l’année 1996 sous la houlette de ses deux membres fondateurs, Joseph Foggara et Denis Pirelli. Après une phase d’apprentissage placée sous le signe de l’amateurisme folklorique, l’inscription à la «Fédération de la Grande Armée» marque une étape importante pour l’ensemble ajaccien. Voyages, échanges et confrontation avec tout ce que l’Europe compte d’admirateurs et de sacrificateurs au culte du «Petit Caporal» contribuent à la montée en puissance crescendo de l’association et la mise en place d’une discipline et d’une réglementation rigoureuse ou rien n’est laissé au hasard depuis la confection de boutons d’uniforme fidèles aux originaux jusqu’au respect total de l’esprit dans l’armée au début du XIXème siècle, à travers les figures hiérarchiques et représentatives du Caporal «Fifre» Pirelli et du tambour «Bonard.

Situé au cœur du vieil Ajaccio, à deux pas du lieu de naissance de l’empereur, le siège social de la rue de la Porta est une ruche bourdonnante ou d’impériales abeilles s’affairent à la création et à la réalisation de costumes et décors. Système D, ingéniosité et conseils avisés de connaisseurs tels que René Chauvin, sont les muses guident et inspirent Joseph Focaggi et ses camarades dans leurs travaux d’apprentis alchimistes et de chercheurs en Graal Napoléonien.
Le petit local encombré d’objets divers recèle en son sein un véritable trésor de guerre de la grande armée. Tambours, uniformes, amoncellement de costumes et de vêtements de grand apparat pliés ou en cours de gestation, globe crucifié, couronne impériale et gadgets de toutes sortes s’accumulent sur les étagères surchargées d’une petite pièce sans fenêtre.
Cette profusion et cette surabondance en disent long sur la passion et le degré d’implication qui animent les 25 membres de l’Association. En cette fin d’année 2004, la commémoration du sacre de Napoléon dont ils sont les initiateurs et les acteurs principaux sera une nouvelle démonstration de leur attachement au souvenir de l’Empereur et à sa ville natale.

L’éclat du sacre au révélateur de la Place du Diamant :

Le 3 décembre 2004, la mère patrie Ajaccienne s’apprête à rejouer l’Auguste consécration de son fils préféré dans un décorum et une mise en scène reproduisant au plus près la réalité peinte par Jacques Louis DAVID.
Deux scènes de 6 x 6 m et 9 x 12 m seront installées pour l’occasion sur le vaste et grandiose périmètre de la Place du Diamant.
Grand trône et petit trône se voulant les répliques exactes de Notre Dame de Paris, formeront le contexte dans lequel évolueront une cinquantaine de figurants. A l’instar de ces crèches grandeur nature mimant la fameuse nuit étoilée de la nativité à Bethléem, une série de tableaux inscrits dans l’inconscient collectif populaire se succèderont devant l’assistance. Cérémonie sans parole, toutes de gestuelle emphatique et de pompe vestimentaire respectueuse du déroulement et de la liturgie, le sacre version Ajaccienne est un vivant tableau destiné à s’imprimer durablement et profondément dans l’iris et l’imaginaire du spectateur.
Sur le tempo de la musique originelle, retrouvée sur un C.D. en Belgique, ponctuée par deux paroles de l’empereur et le «Vivat Imperator in deternum» Papale, le spectacle précédé par une parade militaire de grognards, célébrera avec faste les deux cents ans de l’intronisation de l’empereur. Mettant fin à la cérémonie et pointant son glaive vers le ciel, le capitaine des hérauts d’armes n’aura plus qu’a proclamer les paroles sentencieuses du couronnement «le très glorieux et très auguste Empereur Napoléon, Empereur des Français, est couronné et intronisé, vive l’empereur !». En se parant de l’habit vert olive de l’Empire dans les balbutiements du XXIème siècle, la ville impériale lance une œillade nostalgique vers un passé glorieux pour s’admirer résolument vers l’avenir toute empreinte de l’esprit novateur de son plus illustrissime représentant.

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