
Depuis son abri assuré par la baie s’ouvrant au fond du golfe, Ajaccio mire ses reflets scintillants et chamarrés du plus profond de la pénombre verte de la méditerranée. La mer, son berceau et son image, borde la cité de sa dentelure écumeuse et mouvante en un tango langoureux et sensuel dans le staccato d’un pas de danse rythmé par des accords saccadés et éoliens d’un orchestre au souffle puissant.
Dans le décorum de ce poignant mano à mano au sein duquel chaque élément dispute à l’autre son bout d’espace sur le front du bord de mer, toutes les rues mènent à l’élément liquide tandis que les vagues qu’il y a quelques heures ne savaient pas ce qu’était la terre, partent à l’assaut du rivage déchiqueté de la côte Corse.
Rêve maritime vertigineux suffisant à donner une idée de l’infini, l’horizon marin lave et aimante tous les regards Ajacciens pointés vers l’onde marine et ses parts d’ombres et de lumières enjolivées par les légendes véhiculées par le doux parlé local aux accents superstitieux et respectueux.
Comme toutes les villes d’eau, la cité impériale draine dans son sillage des traditions ancestrales qui sont l’apanage des peuples de la mer. Il n’est qu’à se promener sur les quais du Port Tino Rossi en ces fins d’après-midi printaniers et se laisser captiver par les effluves capiteuses du goudron de calfatage, des essences de bois mouillé, de l’iode à la saveur acre et pénétrante des fruits de mer et de la soupe de poissons pour que la boite à souvenirs s’entrouve sur les replis de l’âme et de l’identité d’une cité tournée depuis longtemps vers les ressources de la grande bleue.
Cet Ajaccio qui a été, qui est toujours, et qui demain peut-être sera, se débat aujourd’hui dans les mailles réservées du filet d’une modernité dévoreuse d’hommes de caractères et de professions hors normes.
Les marasmes d’une profession :
« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! » disait un Baudelaire épris d’absolu qui s’y connaissait en matière de libre arbitre et d’indépendance de mœurs. Les pêcheurs au traditionnel bleu de chine délavé et à la face halée et burinée par le soleil du sud et les quatre vents font un métier difficile mais librement choisi à l’âme de la passion et d’une vie d’homme bien remplie en vicissitudes et péripéties de toutes sortes.
I Pescadori du San Carlu et du Carrughju, symboles et forces vives d’Ajaccio depuis cinq siècles, ont donné à la ville son âme rieuse et maganeuse et sa langue fleurie et chantante aux expressions imagées et truculentes. Cinq siècles de règne sans partage et de vie aujourd’hui battus en brèche et remis en question sur l’autel aseptisé de la nouvelle grille des valeurs !.
Sur la scène du grand théâtre de la représentation européenne, la France a troqué sa pêche au bénéfice de son agriculture. Une profession noble se meurt par délaissement et manque de moyens. La place d’Ajaccio est une des quatre prud’homies constitutives du comité régional de pêche avec celle de Bastia, Balagne et Bonifacio. Malheureusement les problèmes s’accumulent et la litanie des embûches et chausse-trappes est longue à énumérer. En 20 ans, le nombre de pêcheurs Ajacciens est passé de 300 à 212. Les jeunes délaissent de plus en plus ce métier du fait du lourd investissement initial de l’ordre de 150000 euros impossible à réaliser sans aucune aide ou subvention. Devant ce qu’il est convenu d’appeler une mort programmée, l’état ne joue plus son rôle comme peuvent en témoigner les subventions non accordées pour l’achat de quatre thoniers dévolus à l’exploitation des nombreux bancs de thons tournoyants au large de l’île. Dans ces conditions là, parent pauvre de l’économie locale, la pêche insulaire n’a plus les moyens de se développer.
Sans la force motrice nécessaire et avec une flottille de « pointus » traditionnels parfois vieux d’une cinquantaine d’années, les moins aguerris du métier prennent des risques allant crescendo et pouvant entraîner parfois certaines tragédies comme cela s’est quelques fois produit au cours de ces dernières années.
La pêche est malade de ses faibles moyens mais aussi de ses faibles débouchés. A l’exception d’une clientèle traditionnelle, la grande majorité des locaux consomment peu de produits de la mer. L’exportation ou la création d’un label de pêcherie corse pourraient être une solution pour favoriser l’écoulement d’une production dans laquelle la part belle revient à ces poissons rois de la méditerranée que sont les Dentis, Rougets, Chapons ou autres Langoustes.
Des charges matérielles accablantes, la concurrence déloyale des pesci-porchi poseurs de filets et braconniers de toutes sortes ainsi qu’une conjoncture défavorable laissent augurer de sombres lendemains. Néanmoins, une grande solidarité professionnelle et des leaders charismatiques, une image qui évolue dans le bon sens et un ancrage profond et solide au sein de la population peuvent laisser espérer une extraction progressive des eaux glauques du marasme actuel.
Pescadori In Festa :
Une fête pour exister
Les 2,3 et 4 juin, Saint Erasme revêtira ses habits de lumière lors d’une grande manifestation festive étalée sur trois jours et organisée par l’Association « Pescadori In Festa » dont le Président sera cette année René Cacavelli. Depuis sa création voilà cinq ans, l’esprit de fraternité et d’authenticité insufflée par son initiateur, Michel Serreri, ne s’est jamais démentie.
Au départ de l’église Saint Erasme, Rue Forcioli Conti, le Saint sera honoré le 2 juin par une cérémonie religieuse traditionnelle.
Au cours d’une procession solennelle, la statue de Saint Erasme sera portée en ville en grande pompe avant que n’ait lieu la bénédiction en mer.
Suivra un grand apéritif offert à tous ainsi qu’un buffet froid auquel seront conviées toutes les confréries de Corse. Tout au long des trois journées de liesse se succéderont des jeux nautiques, un festival de chants marins, la production de groupes musicaux et un grand bal en apothéose, le tout sur le site du port autour de stands à thèmes et de démonstrations destinées à effectuer la promotion de la mer.
Fête ou kermesse au cachet typiquement Ajaccien organisée par des Ajacciens pour des Ajacciens.
La Saint Erasme sonne les trois coups de la saison estivale. Evènement dans lequel la municipalité est partie prenante, la fête du Saint Patron des Pêcheurs est devenue incontournable au fil des ans. Occasion de réjouissances, elle est aussi une façon d’affirmer l’existence d’une profession et de dire non à la fatalité destructrice des éléments naturels et humains.
Depuis son abri assuré par la baie s’ouvrant au fond du golfe, Ajaccio mire ses reflets scintillants et chamarrés du plus profond de la pénombre verte de la méditerranée. La mer, son berceau et son image, borde la cité de sa dentelure écumeuse et mouvante en un tango langoureux et sensuel dans le staccato d’un pas de danse rythmé par des accords saccadés et éoliens d’un orchestre au souffle puissant.
Dans le décorum de ce poignant mano à mano au sein duquel chaque élément dispute à l’autre son bout d’espace sur le front du bord de mer, toutes les rues mènent à l’élément liquide tandis que les vagues qu’il y a quelques heures ne savaient pas ce qu’était la terre, partent à l’assaut du rivage déchiqueté de la côte Corse.
Rêve maritime vertigineux suffisant à donner une idée de l’infini, l’horizon marin lave et aimante tous les regards Ajacciens pointés vers l’onde marine et ses parts d’ombres et de lumières enjolivées par les légendes véhiculées par le doux parlé local aux accents superstitieux et respectueux.
Comme toutes les villes d’eau, la cité impériale draine dans son sillage des traditions ancestrales qui sont l’apanage des peuples de la mer. Il n’est qu’à se promener sur les quais du Port Tino Rossi en ces fins d’après-midi printaniers et se laisser captiver par les effluves capiteuses du goudron de calfatage, des essences de bois mouillé, de l’iode à la saveur acre et pénétrante des fruits de mer et de la soupe de poissons pour que la boite à souvenirs s’entrouve sur les replis de l’âme et de l’identité d’une cité tournée depuis longtemps vers les ressources de la grande bleue.
Cet Ajaccio qui a été, qui est toujours, et qui demain peut-être sera, se débat aujourd’hui dans les mailles réservées du filet d’une modernité dévoreuse d’hommes de caractères et de professions hors normes.
Les marasmes d’une profession :
« Homme libre, toujours tu chériras la mer ! » disait un Baudelaire épris d’absolu qui s’y connaissait en matière de libre arbitre et d’indépendance de mœurs. Les pêcheurs au traditionnel bleu de chine délavé et à la face halée et burinée par le soleil du sud et les quatre vents font un métier difficile mais librement choisi à l’âme de la passion et d’une vie d’homme bien remplie en vicissitudes et péripéties de toutes sortes.
I Pescadori du San Carlu et du Carrughju, symboles et forces vives d’Ajaccio depuis cinq siècles, ont donné à la ville son âme rieuse et maganeuse et sa langue fleurie et chantante aux expressions imagées et truculentes. Cinq siècles de règne sans partage et de vie aujourd’hui battus en brèche et remis en question sur l’autel aseptisé de la nouvelle grille des valeurs !.
Sur la scène du grand théâtre de la représentation européenne, la France a troqué sa pêche au bénéfice de son agriculture. Une profession noble se meurt par délaissement et manque de moyens. La place d’Ajaccio est une des quatre prud’homies constitutives du comité régional de pêche avec celle de Bastia, Balagne et Bonifacio. Malheureusement les problèmes s’accumulent et la litanie des embûches et chausse-trappes est longue à énumérer. En 20 ans, le nombre de pêcheurs Ajacciens est passé de 300 à 212. Les jeunes délaissent de plus en plus ce métier du fait du lourd investissement initial de l’ordre de 150000 euros impossible à réaliser sans aucune aide ou subvention. Devant ce qu’il est convenu d’appeler une mort programmée, l’état ne joue plus son rôle comme peuvent en témoigner les subventions non accordées pour l’achat de quatre thoniers dévolus à l’exploitation des nombreux bancs de thons tournoyants au large de l’île. Dans ces conditions là, parent pauvre de l’économie locale, la pêche insulaire n’a plus les moyens de se développer.
Sans la force motrice nécessaire et avec une flottille de « pointus » traditionnels parfois vieux d’une cinquantaine d’années, les moins aguerris du métier prennent des risques allant crescendo et pouvant entraîner parfois certaines tragédies comme cela s’est quelques fois produit au cours de ces dernières années.
La pêche est malade de ses faibles moyens mais aussi de ses faibles débouchés. A l’exception d’une clientèle traditionnelle, la grande majorité des locaux consomment peu de produits de la mer. L’exportation ou la création d’un label de pêcherie corse pourraient être une solution pour favoriser l’écoulement d’une production dans laquelle la part belle revient à ces poissons rois de la méditerranée que sont les Dentis, Rougets, Chapons ou autres Langoustes.
Des charges matérielles accablantes, la concurrence déloyale des pesci-porchi poseurs de filets et braconniers de toutes sortes ainsi qu’une conjoncture défavorable laissent augurer de sombres lendemains. Néanmoins, une grande solidarité professionnelle et des leaders charismatiques, une image qui évolue dans le bon sens et un ancrage profond et solide au sein de la population peuvent laisser espérer une extraction progressive des eaux glauques du marasme actuel.
Pescadori In Festa :
Une fête pour exister
Les 2,3 et 4 juin, Saint Erasme revêtira ses habits de lumière lors d’une grande manifestation festive étalée sur trois jours et organisée par l’Association « Pescadori In Festa » dont le Président sera cette année René Cacavelli. Depuis sa création voilà cinq ans, l’esprit de fraternité et d’authenticité insufflée par son initiateur, Michel Serreri, ne s’est jamais démentie.
Au départ de l’église Saint Erasme, Rue Forcioli Conti, le Saint sera honoré le 2 juin par une cérémonie religieuse traditionnelle.
Au cours d’une procession solennelle, la statue de Saint Erasme sera portée en ville en grande pompe avant que n’ait lieu la bénédiction en mer.
Suivra un grand apéritif offert à tous ainsi qu’un buffet froid auquel seront conviées toutes les confréries de Corse. Tout au long des trois journées de liesse se succéderont des jeux nautiques, un festival de chants marins, la production de groupes musicaux et un grand bal en apothéose, le tout sur le site du port autour de stands à thèmes et de démonstrations destinées à effectuer la promotion de la mer.
Fête ou kermesse au cachet typiquement Ajaccien organisée par des Ajacciens pour des Ajacciens.
La Saint Erasme sonne les trois coups de la saison estivale. Evènement dans lequel la municipalité est partie prenante, la fête du Saint Patron des Pêcheurs est devenue incontournable au fil des ans. Occasion de réjouissances, elle est aussi une façon d’affirmer l’existence d’une profession et de dire non à la fatalité destructrice des éléments naturels et humains.
PROGRAMME
JEUDI 2 JUIN
10h30 : Descente du Saint Erasme et
décorations des bateaux
12h00 : Apéritif avec les confrères de corse et les partenaires qui ont contribue à la réalisation de cette fête
12h00 : Réception des groupes de chanteur dans le salon napoléonien en présence de monsieur le député maire
12h00 à 14h00 : Initiation et baptême de Jet Sky avec Isula Jet
14h/17h : Initiation et baptême de Plongée avec Odyssée Plongée
17h00 : Initiation et baptême de Voile avec la S.N.A.
18h00 : Grande messe en l’église de Saint-Erasme
19h00 : Procession dans le vieil Ajaccio
20h00 : Procession en mer avec les pêcheurs
21h00 : Vin d’honneur, poissons grillés, musique et chants
VENDREDI 3 JUIN
09H30 : Ouverture de la foire
visite du chantier navale des fossés
10h30 : Présentation par les pêcheurs des produits de la mer
11h00 : Inauguration du village de la mer
12h00 à 14h00 : Initiation et baptême de Jet Sky avec Isula Jet
12h30 : Apéritif et ouverture du bar
14h00 à 17h00 : APIEU l’école la mer
16h : Assises des états généraux de la mer avec le comité des pêches de la corse
14h/17h : Initiation et baptême de Plongée avec Odyssée Plongée
18h : répétition des groupes
19 h : ouverture du restaurant de la mer
(seiches à l’ajaccienne)
17h00 : Initiation et baptême de Voile avec la S.N.A.
21h00 : Chants marins
Samedi 4 JUIN
09H30 : Ouverture de la foire
10h30 : Visite du chantier navale des fossés
et Initiation et baptême de Voile avec la S.N.A.
12h30 : Apéritif et ouverture du bar
12h00 à 14h00 : Initiation et baptême de Jet Sky avec Isula Jet
14h/17h : APIEU l’école la mer
14h/17h : Initiation et baptême de Plongée avec Odyssée Plongée
15h : course de baignoire réalisé grace au partenariatdu centre U Borgu et de la SNA, avec les associations de quartier :
- Associations participantes à la course : U Borgu, Quartier de Pietralba, Quartiers des Jardins de l’Empereur, des Cannes, Trottel/Berthault, Club Prévention Falep, U Vazziu,Bodiccione
16h : Assises des états généraux de la mer avec le comité des pêches de la corse
18 h : répétition des groupes
19 h : ouverture du restaurant de la mer
(moules frites)
21h00 : Chants marins
U Cardi, bateau blanc de 15 mètres à la silhouette caractéristique est à quai depuis plus d’un mois. Nicolas Salvini, pêcheur de la Prud’homie d’Ajaccio, injustement condamné à 8 ans de réclusion, malgré des preuves d’innocence.
Dans cette lutte du pot de terre contre le pot de fer, par solidarité et compassion envers l’un des siens, la grande famille des pêcheurs à organisé une soirée de soutien le 20 mai.