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PARFUM DE HAVANE

PARFUM DE HAVANE

Dans un monde de plaisirs calibrés, le seul club de cigare ajaccien, l’Impérial Havana Club présidé par Antoine Buresi, bouscule les habitudes, chahute les préjugés en privilégiant un art de vivre épicurien, mâtiné de bonne humeur et de convivialité. Voyage au pays des fans de havane…

Vendredi 24 juin, 19 heures, Café Fesch. Comme tous les vendredis, la bande à Antoine où se côtoient politiciens de tous bords, médecins, employés, banquiers, coiffeurs et pêcheurs, est attablée en terrasse. Un périmètre de fumée délimite l’espace qui offre une vue imprenable… sur le rond point du Lantivy, passage obligé de tout Ajaccien qui se respecte. Tiens justement voilà Xavier dans son rutilant 4X4 climatisé, qui fait un signe de la main, «mais c’est Xavier», lance Noël, habillé aux couleurs de l’été avec son jean rouge et son Lacoste blanc. Entre deux bouffées, les «macagne» fusent, André ouvre le bal, bientôt rejoint dans sa joyeuse diatribe par «Nico» qui place les vannes toujours là où il faut… Vissé dans son fauteuil, Robert apprécie, presque en aparté, les deux «sages» Tony et Jean-Jacques, imaginent la suite de la soirée, dans une version plutôt sud-américaine. Dommage mais Serge «du» Bastia où ils sont «un» ne pourra être de la partie.
Riad, le barman du Fesch est attentif et toujours disponible… quand il s’agit de parler (en bien) de son idole Zizou. Sur la table, où les cendriers se remplissent d’une cendre aux contours parfaits, le vin (rouge et blanc) est de mise, il est temps pour l’autre Tony dit «l’élégant», qui ne fume que du «lourd», de sortir son «Sublimès» de Cohiba, Pascal son binôme, acquiesce dans un large sourire. Plus discret, le sieur Christophe de Neuilly, devise devant un auditoire tout acquis à sa cause, avant d’être dérangé une énième fois par son portable. A l’intérieur du bar, la belote tire à sa fin, Nono va pouvoir rejoindre le groupe et commencer à fredonner «Dos Gardenas», en allumant religieusement son cigare. La fumée s’épaissit, soudain, Maurice surgit du brouillard, un Diademas entre les doigts et commande immédiatement… un quart Saint Georges à notre ami Riad, empêtré à l’autre bout de la terrasse, dans une discussion mettant en cause Zidane.En revanche, Richard n’est pas là, mystère…Les sujets, à vrai dire, ne manquent pas autour de la table, lorsque Milord décrit sa douleur intercostale de la veille à Georges dit «Lelouch», celui-ci lui répond qu’il en passe de ficeler la soirée «cochon de lait» à Cozzano… Freddy, deux chaises plus loin, ne peut s’empêcher de parler de cette mémorable soirée au cabanon de la Parata, autour d’un «Aziminu» du feu de Dieu, où lui et sa guitare, flanqués de l’impassible Vinçent, mèche au vent, tout droit sorti d’un western spaghetti, gratifièrent les irréductibles, d’un pot pourri… interminable.

Du «Fesch» au «Don Quichotte»
Et Fanfan dans tout ça ? «Il va venir», lance sûr de lui, Jean-Jacques, «tiens il arrive…» en effet, on l’entend de là, alors qu’il vient de passer devant le Casino Municipal des jumeaux François et Toussaint…
21 heures : les plus raisonnables sont partis, parmi eux, José et Bernard, mais il reste encore du beau monde fermement décidé à poursuivre la soirée, le noyau dur en fait, qui prend la direction du Marché, passant devant un bar où il y a «Nimo et ses frères» pour aller chez l’ami «Frainçis» du Panier, membre du club et maître du Don Quichotte, l’un des hauts lieux de la cuisine provençale qui vient d’ouvrir, pour la saison, une annexe de «Little Havana», dont le comptoir à cocktails est pris d’assaut par nos amis. «Mojito pour tout le monde !» s’exclame Jean-Jacques, qui s’impose comme le chef de file de la nuit, Tony, lui, toujours prudent, préfère commander, une bière «Porto Latino», il est vrai qu’il commence à avoir «i scarpi strinti». «On est bien chez Frainçis», glissent de concert, les deux Jean, dans un soupir de satisfaction. Bientôt les Tapas défilent au bar cubain, au son de Pedrito Calvo, on s’y croirait vraiment… à la Havane.
Et nos amis ne s’y trompent pas, le «café philo de l’hiver» dans la salle du Don Quichotte est oublié, place aux couleurs chaudes d’un comptoir baigné au rhum et tatoué de Partagas, Romeo et Juliette et autres Hoyo de Monterrey.
L’insatiable André dit «le hussard de la gare», bien qu’en chaussures à bascule, veut pousser jusqu’à Santa Lina, chi saluta!
Il entraîne, dans son sillage, Tony, Jo sans ses béquilles, Jean-Jacques et Jean-Luc, le dernier venu au club. Dans le fief de l’Ange, notre quatuor est sur un nuage… de fumée bien sûr, chacun un «Esplendidos» aux lèvres.
La nuit s’achève, sous les lampions… à vendredi prochain !
Marco DEFENDINI

AJACCIENS AJACCIENNES a chacun son POULARDIN

AJACCIENS AJACCIENNES à chacun son POULARDIN

A travers les aventures de Monsieur POULARDIN et leurs amis, c’est un moment de lecture «rigolo» sans prétention, et surtout une nouvelle fois Michel CICCADA qui fait parler de lui…
Ne cherchez pas la généalogie de «Monsieur POULARDIN», «pseudo» inventé par Michel et ses amis pour se livrer à de multiples «macagne» aux escroqueries mineures (réservation d’hôtel, restaurant….afin de ne pas payer les notes)…. Les seules certitudes que nous puissions avoir c’est que ses ancêtres évoluaient du côté de la gare “Ajaccium” puis dans la vieille cité génoise, et lui dans l’Ajaccio de 1970 à nos jours.
POULARDIN c’est tout le monde,
POULARDIN c’est personne,
POULARDIN c’est «micca nome»,
POULARDIN c’est AJACCIEN,
POULARDIN c’est l’ajaccien comme bon vous plaira….
C’est certain, d’aucun se reconnaîtront derrière POULARDIN, reconnaîtront leurs voisins ou un tel ou un tel, la dérision et l’humour devant l’emporter. Tous ces acteurs volontaires ou involontaires sont déjà contents d’y être, et les autres, ceux dont on s’excuse de les avoir oublié seront dans la suite.
Livre gravant à jamais quelques histoires, toujours racontées, jamais écrites, de la grande saga ajaccienne. «Macagne», «cacciate», personnages hauts en couleurs, arnaques en tous genres, c’est la petite histoire d’Ajaccio qui se raconte là, chacun en tient un petit bout réel ou imaginaire, là n’est pas le propos, s’en servir pour la syntaxe, grammaire ou vocabulaire non plus, mais il met en lumière ce brin de malice, de philosophie «Carpe Diem» dont chaque ajaccien détient un morceau…
Au delà du manuscrit, c’est la personne de l’auteur qui est de nouveau mise en exergue, on peut déjà dire que le livre se vend sur sa «COUV».
Sous des airs naïfs le personnage fait parler de lui depuis plus de 30 ans. Adolescent sur la plage de l’Ariadne il se mêlait aisément au parti de l’élite du volley ajaccien! Plus tard Ajaccio avait ses pro et anti CICCADA, le bellâtre aux grosses motos et belles petites.
Il fut même au cœur d’un événement tragique de l’histoire de la Corse; en pleine affaire Bastelica Fesch il fut piqué par une vive, ramené d’urgence en moto à l’hôpital, ils furent contraints de forcer un barrage de CRS, qui n’eurent d’autres recours que de lui tirer dessus, le blessant, et par là comme un signe du destin pour celui qui aspirait à ne jamais travailler, une rente à vie aux frais de l’Etat.
Les “tensions” pro et anti CICCADA pouvaient monter, il collectionnait voitures de luxe, grosses cylindrées, belles filles et succès dans les affaires, faisant rayonner toutes les discothèques dont il assurait la direction: Week-End, Sun Club, Galathée…
Dans la tradition des grandes «sege aiaccine» à la Tintin Cassemaque il allait manager le binôme «Antoine le mince et Paulo le gros». Vint le temps des voyages débutant par le Brésil, s’offrant des entrées dans les plus beaux palaces, accueillant ses amis comme des princes, Cuba, fraternisant avec Alexis CASTRO (fils de Fidel), Punta del Este, Bora Bora, Thaïlande, Vietnam, autant d’endroits où il ne fut jamais un simple touriste….
Présent aux dernières élections municipales, il troubla le jeu politique au point de gêner ceux dont c’est le métier.
Déjà Best Seller Poulardin le livre sera suivi d’un CD et d’une pièce de théâtre avec sa voisine Angèle Mozzigonacci (Mise en scène de la remise du prix du livre Corse)

Avis aux lecteurs
Toute ressemblance avec le personnage central du livre (Mr POULARDIN) n’est que pure coïncidence ou imagination féconde. Pour tous ceux qui pourraient se reconnaître, n’insistez pas car le clonage de Mr POULARDIN, individu hors du commun, est irréalisable. S’il n’y en avait qu’un, «hè un aiaccinu» né à Ajaccio ! Alors que je vous dise d’entrée et sans prétention, ce livre est plus particulièrement destiné, et fortement conseillé aux : radieux, grelucheux, galeux, piteux, fâcheux, fallacieux, matheux, bileux, grincheux, épineux, bouseux, pompeux, pulpeux, boutonneux, vaseux, ténébreux, peu scrupuleux, vertueux, faramineux, calamiteux, désastreux, teigneux, besogneux, gâteux, malheureux, langoureux, bien heureux, respectueux, majestueux, comateux, filandreux, et autres screugneugneux et oublier les têtes de n…. qui ne comprennent rien à l’humour ajaccien, en espérant que cette lecture pourra à tout jamais les guérir de leur sinistrose et à cet effet je leur propose une bonne dose de ce que l’on pourra appeler désormais la «POULARDOSE» afin que leur vie morose se métamorphose en vie en rose. «Qui n’en prend n’en prend et qui n’en a eu n’en a eu» ou si vous préférer «A chì ni pighia ni pighja».     M. Ciccada & S.Fédéricci

La question de l’après Poulardin : que nous réserve Michel dit “Le Maire”…

Fouilles du sites alban : AJACCIO apres ADJACIUM

Fouilles du sites alban : AJACCIO après ADJACIUM

Apres les fouilles archéologiques effectuées sur le site Alban, la cité impériale effectue un plongeon vertigineux dans un passé qui ne la rajeunit pas. En ces temps de romanité ambiante et de christianisme en plein essor, Ajaccio et la Corse baignaient dans un climat de brassage méditerranéen porteur de toutes les influences.

La Corse fille de l’antiquité
et de la chrétienté.
Magnifique creuset de civilisation antique et chrétienne, la Corse, terre de christianisme précoce possède dans le tréfonds de son âme le souci des gloires passées.
Psychologique, humain, patronymique et génétiquement ressenti, cet héritage est fondé sur la volonté de respecter les valeurs se rattachant à cet idéal lointain. Sur l’île, l’antiquité est beaucoup moins loin que partout ailleurs dans le monde. Elle procède toujours du vécu quotidien depuis l’assurance virile des hommes, leur courage, leur sens de l’honneur jusqu’à la vertu des femmes ainsi qu’a l’importance de la cellule familiale et son extension clanique.Le monde latin constitue jusqu’à nos jours le premier substrat de la «civilisation corse».
Kallisté, ces criques, plages ou refuges offraient aux peuplades méditerranéennes, un site géostratégique d’exception, recherché aussi bien par les marchands grecs que par les soldats romains. Phéniciens, Grecs, Romains, Barbares, Pisans, Aragonais, Génois, Français. La liste des peuples et des puissances qui, au fil de l’histoire se sont intéressés à la Corse donne le vertige. Passage obligé et croisement de toutes les routes commerciales de la Méditerranée, Kyrnos baigne au milieu du grand lac salé, le fameux «mare nostrum» romain.
Tournée vers le dehors, l’île développe son économie sur la périphérie littorale.
Au premier siècle de notre ère, Pline l’Ancien parlera de 32 villes et des 2 colonies d’Aleria et de Mariana, tandis qu’un siècle plus tard, Ptolémée dressera une des premieres cartes de l’însularité et citera 21 cités proches de la mer ainsi que 4 ports.
Simples mouillages ou centres commerciaux actifs, la rareté des vestiges n’autorise guère un tableau précis. Il existait probablement un établissement à Ajaccio que des sources ancienne nomment le «bon port» en raison de la qualité de son site et de la protection de son golfe. Les témoignages de Strabon, Sénèque et Diodore de Sicile qui évoquent la Corse lèvent à peine le voile de l’opacité antique.
La Corse romaine a périclité en même temps que l’empire lui-même. Les ports s’ensablent, la malaria s’installe et les populations se réfugient en altitude. C’est le début d’une régression de 15 siècles pour les régions côtières. Le relais culturel de Rome a été progressivement assuré par la chrétienté. On fait remonter au 3 Siècle les origines du christianisme en Corse et celle-ci eut ses martyrs qui furent plus tard l’objet d’une piété populaire, qu’il s’agisse de Sainte Dévote, Sainte Julie ou Sainte Restitude. L’intérieur fut plus tardivement touché et le paganisme y était dominant jusqu’à l’action missionnaire initiée par le Pape Grégoire le Grand aux alentours du 6° siècle. Les 5 siéges épiscopaux qui constituent après l’effondrement de l’empire romain la seule structure institutionnelle se trouvent tous dans la zone littorale, à Ajaccio, Aleria, Mariana, Nebbio et Sagone. La basilique paléochrétienne (4° siècle) de Mariana et le baptistère découvert récemment à Ajaccio témoignent des prémices, de l’intensité et de l’implantation d’une activité cultuelle en plein essor.
Déposés par la grande houle de l’histoire, les sédiments durables d’une langue, d’une culture et d’une foi sont désormais en place en cette fin du 5° siècle pour parvenir jusqu’à nous quelques 1500 ans plus tard et constituer ainsi un fil d’Ariane généalogique et un cordon ombilical identitaire.

Un antique monde
«paleoajaccien».
Ajaccio telle que nous la connaissons est issue d’initiatives génoise avec l’implantation de 100 familles ligures en 1492 dans ce que nous nommons aujourd’hui la vielle ville ou le «carrughju». Les chroniques plus anciennes s’éparpillent davantage et attribuent à la cité ajacciene diverses origines qui ont le mérite d’arrimer la fondation de la ville très loin dans le temps. Filiation mythique émanant de l’Illiade dont l’un de ses héros, Ajax, serait l’illustre père fondateur, ou bien filiation latine due à l’étymologie du nom Ajaccio relié à Adjectio aggeri (embranchement de voies) Urcinium (fabrication de cruches) et Agghiacciu (parc à moutons), quelles que soient les circonstances qui ont présidé à sa naissance, la ville est certainement antique : au 7° siècle, le Pape Grégoire le Grand à qui l’on doit notre calendrier dit «grégorien», cite plusieurs fois Adjacium dans ses lettres. Depuis lors, les écrits de Mérimée, la découverte d’une voûte en brique contenant 2 jarres funéraires en terre cuite et l’exhumation du sarcophage du «bon pasteur» en 1938 dans le quartier de Saint Jean sont venu corroborer la thèse d’une implantation ancestrale d’un peuplement humain dans le fond du golfe. Les récentes découvertes archéologiques sur le site Alban viennent à point nommé pour étayer ce que certains historiens subodoraient depuis quelques temps. Ces fouilles, mettant à jour 3 phases d’occupation des lieux sont peut être l’unique occasion de trouver les véritables origines d’Ajaccio. Placées sous l’égide de l’INRAP (institut national de recherche archéologique préventive) auquel l’aménageur du terrain a fait appel, les travaux menés par une équipes de spécialistes en archéologie et anthropologie permettent d’actionner la machine à remonter le temps pour un fabuleux voyage au cœur de l’antiquité romaine et paléochrétienne

Du 1°au 4° siècle : une présence romaine trahie par sa quotidienneté.
Une présence romaine durant les 4 premiers siècles de notre ère est attestée par la mise en exergue de structures négatives, sortes d’empreintes laissées par la quotidienneté d’une population donnée : trous de poteaux et pores dépotoirs c’est à dire de grosses poubelles contenant des fragments d’amphores et de céramiques se nichant dans les cavités naturelles et anfractuosités du terrain. L’amphore, objet symbolique et multi usages de l’antiquité se retrouve aux 4 coins de la méditerranée et servait au transport de marchandises diverses, huiles, vins, poissons séchés.
5°siècle : un baptistère paleochretien qui cache une cathédrale.
Très tôt évangélisées, l’Afrique du nord et Carthage sont reliées politiquement à la Corse selon le découpage administratif romain. En 484, suite à la déferlante Vandale de confession Arienne sur le nord de continent africain, tous les évêques catholiques sont exiles en Corse et en Sardaigne. Ce fait historique avéré serait à l’origine de la découverte majeure des fouilles du site Alban. Un baptistère daté du 5° siècle dont la céramique n’a pas encore été étudiée se presente sous la forme d’un monument en plan tréflé. L’ensemble est composé d’une grande abside et d’une cuve baptismale en son centre, cruciforme, de 1,34 M de profondeur, et de 2,69 X 1,5 m de dimension. Très bien conservé il a subi au cours du temps une dizaine de modifications dont une surévaluation du fond et une réduction du volume de la cuve ainsi que l’adjonction d’une cuve cylindrique de 0,8 m de diamètre et de 0,28m de profondeur munie d’un système d’évacuation des eaux. Selon un rite sûrement identique au rite africain , les baptêmes étaient effectués une fois l’an à la veille de pâques. L’évêque officiant sur la cité épiscopale ajaccienne possédait seul le privilège d’accomplissement de l’acte baptismal.
Ajaccio, siége de l’évêché, cache certainement une cathédrale contiguë au baptistère comme cela était la règle à l’époque.

6°siècle moyen age : une nécropole a la typologie variée.
Les nombreux curieux qui s’agglutinaient autour du site Alban durant les travaux de décapage intégral de la parcelle 102 n’ont pas manqué d’être stupéfaits à la vue de squelettes parfaitement conservés gisant au fond de nombreuses tombes. Une nécropole de 81 tombes à la typologie variée a été découverte autour du baptistère. Tombes simples en terre, tombes rupestres, tombes anthropomorphiques avec logettes céphaliques, tombes sous tuiles, tombes de diverses formes quadrangulaires ou triangulaires, tombes en amphores contenant des corps d’enfants ou bien tombes en coffres de pierre avec dalle de granit, toutes sont le témoignage d’époques et d’influences culturelles et familiales s’étalant depuis le 6°siècle jusqu’au moyen age.

San Ghjuvan Battista d’ Aiacciu a obligatoirement d’autres enseignements à nous donner.
L’équipe de Daniel Istria, l’archéologue de l’INRAP responsable des fouilles, s’attèle à faire parler les objets découverts in situ. Les augustes ascendances de la fière cité ajaccienne sont peut être le prélude à de nouvelles découvertes qui ancreraient un peu plus la ville dans une tradition épousant les origines de notre ère.

Le petit monde de monsieur POULARDIN

Le petit monde de monsieur POULARDIN

Après sa sortie en librairie au debout de l’été, « Monsieur Poulardin » franchit un palier supplémentaire et monte faire son show sur les planches du palais des congrès les 21, 22, et 23 Décembre prochains pour créer l’avènement tant attendu par le tout Ajaccio.
Un petit groupe de comédiens de métier, l’apport d’une Angèle Mozziconacci plus «Angèle» que jamais et le génie brut d’une brochette sacrément pimentée de figures locales, le petit monde de Monsieur Poulardin reflétera 3 soirées durant la caricature d’une certaine idée d’Ajaccio a travers le prisme de déformant de l’humour et de la macagna sur des textes de Michel Ciccada et de Jacques Antoine Villanova dit «Angèle Mozziconacci».

Dans le petit monde de Monsieur Poulardin les histoires sont aussi vraies que la vie
même et si vraies que l’ajaccien digne de ce nom s’y reconnaîtra avec son entourage.
Notre Homme n’est pas un personnage fictif, il existe en chair et en os et pèse de toute sa notoriété et son influence sur le quotidien de la ville.
Ici, ou il se passe beaucoup de choses qui ne se passent pas ailleurs, vous l’avez sûrement vu ou reconnu au volant de sa Mercedes, ou bien alors quelqu’un de vos proches vous a obligatoirement narré la dernière histoire à la mode dont il est l’inévitable protagoniste.
Dans ce petit périmètre de la Corse occidentale, entre Punta et grande bleue, la Poulardin mania distille sa cocasserie et sa truculence et souffle son esprit de macagna, héritage oral de son Carrughju drittu , de sa Calata et de son San-Carlu .
Depuis des temps immémoriaux, l’ajaccien éternel dispetosu et macagneur met toutes les ressources de son génie fantasque et farfelu au service de ses aspirations de jeune homme pour qui la vie est une fête et une grande scène de théâtre.
Ne soyez par surpris qu’une personne bienveillante et transcendante veille depuis le ciel sur ses ouailles turbulentes, que deux hommes s’insultent sans haine, sportivement, et qu’a la fin les deux enragés se réconcilient et s’enlacent dans un grand élan de fraternité. Mauvaises pensées, étalement d’hémoglobine et violence gratuite ne sont pas de mise chez Monsieur Poulardin, seul l’humour, rien que de l’humour vient flatter nos esprits d’ajacciens a travers le miroir grossissant de nos us et coutumes. Encore une petite chose, avant d’entrer dans le vif du sujet: s’il y a un président de tribunal ou un avocat qui se sentent offensés par la caricature de leur prétoire, il leur est permis d’expectorer de tout leur souffle un réquisitoire dénonciateur ; s’il y a un employé municipal ou un descendant de la respectable famille Castagnoni qui eux aussi soient offensés, il leur est également permis de le faire savoir ; mais si quelqu’un se sent offensé par les dires et faits de Monsieur Poulardin, personne n’y peut rien, parce que ce n’est pas Monsieur Poulain qui parle, mais Ajaccio dans son intégralité, c’est a dire la voix et l’âme de la cité impériale.
Monsieur Poulardin part à l’assaut de la mairie, du tribunal, et de la citadelle Castagnoni.
Ils sont cinq bagnards sortis tout droit d’un album de Luky Luke , Rantanplan en moins, avec leurs drôles de physiques disparates mal assortis les uns aux autres. La nature étant la matrice de tous les goûts , on retrouvera là le petit a l’air teigneux , le grand filiforme à la carcasse dégingandée, l’inévitable « ventripotent » de la bande , le joyeux a l’éternel sourire beat et enfin celui qui dégage un ascendant certain sur tous les autres. Chacun y reconnaîtra Charlot « di i finughjetti » avec sa petite taille, sont teint blafard, sa queue de cheval de maquereau napolitain son corps malingre et son regard de voyou sicilien, Alain pizza à l’allure élancée bien connue des clients de Pizza foot les soirs de matchs, Paulo du « Cricu » sa placidité de ruminant et son corps de mastodonte, Zimaco avec son visage rieur d’enfant espiègle et influençable emblématique des supporters «rouges et bleus» et Angele Mozziconacci sans sa perruque et sa veste bleue mais avec sa verve et son langage coloré de «Carrughju».
Avec la participation de Frederique Maroselli pour la mise en scène, l’aide de Jean Benoît, Jean Marie et Sandra tous trois comédiens confirmés, de Gilles le policier zélé, de Mathias du « Neptune » en Chirac plus véhément que jamais, du jeune gréviste de la SNCM, de Sylvie dite « Nenette » parfaite en employée de mairie jusqu’aux bouts des ongles et de ses protubérances mamellaires,de Christophe Boulet ayant trouvé dans «u mutu» un rôle a sa vraie mesure révélant les fondements véritables et authentiques de sa nature profonde, et sans oublier l’ombre planante et omniprésente de Michel Ciccada, voila une distribution d’ajacciens de souche et d’adoption pour une pièce de théâtre faite par les ajacciens pour les ajacciens.. Monsieur poulardin nous devait au moins cela. En trois volets, «Monsieur Castagnoni», «le tribunal» et «la mairie», c’est tout un pan de l’humour local et de certains de ses grands classiques qui sont passés en revue par un Monsieur Poulardin de gala incarné par une Angele Mozziconacci trouvant la un terrain d’expression parfait pour son talent inné de «puttachji» Ajaccienne. Avec «Monsieur Castagnoni», la séquence nostalgie est enclenchée, celle de cette époque ou les enseignes du cours se nommaient Battiloni, Sicurani, Minighetti et Castagnoni.
Comme disait le couplet «é Minighetti accantu a Castagnoni, é Castagnoni accantu a Minightti, é Minighetti disques micro sillons et Castagnoni chaussures à crampons».
Tout le monde connaît le bon mot de feu Monsieur Castagnoni, Dieu ait son âme «entrez par mon devant , mon derrière est en réparation». Monsieur Poulain se retrouve embauché dans ce temple poussiéreux de la chaussure ajacciene et il va sans dire que dans cette ambiance surannée et compassée l’espièglerie et la vivacité du personnage vont faire des étincelles.
Jeux de mots, gags, quiproquos vont se succéder au grand dam du pauvre Monsieur Castagnoni depassé par les évènements, coincé qu’il est entre son employé turbulent et sa clientèle composée d’un enfant en bas age chaussant du 46 et d’un homosexuel recherchant une taille 36 fillette pour courir a Campo dell Oro. Des générations entières d’ajacciens retrouveront la le cadre familier «d’un magasin a grande réputation qui vend des chaussures de 14/18».
Dans le «tribunal» et la «mairie» , c’est le monde des technocrates et des fonctionnaires de la justice qui ne s’en sorte pas toujours indemne face aux assauts cinglants et corrosifs de la poulardinite aiguë. Monsieur Poulain s’exclamant à la cantonade en pleine salle d’audience «à huis clos ni jamais de la vie je serai jugé à Ajaccio» , donne le ton de la gigantesque cacophonie poulardinesque qui va s’ensuivre. Face à des magistrats professionnels et à la rigueur de textes de lois, le ton familier et les mimiques désopilantes des accusés transformeront l’espace sacré du tribunal en salle de classe de potaches déchaînés. Tout y passe, depuis la tentative de corruption jusqu’à l’apparition hilarante du «Mutu», personnage incontournable de la réalité ajaccienne dans une incarnation plus vraie que nature. La «mairie» quant a elle est brocardée dans les règles de l’art.. Angèle Poulardin en premièr édile très convaincant, Mathias et «Nenette» en grattes papiers fidèles a l’image que l’on s’en fait portent l’ironie a son comble. Poulardin n’a pas son pareil pour dénoncer des aberrations et profiter d’une mécanique et de ses failles. Il est la victime et le produit d’une culture de la débrouille et d’un système D favorisant les plus astucieux et les plus opportunistes. Son art et son génie auront étés de déplacer les frontières de «l’ajaccienement correct» dans les sphères de l’humour grisant et revigorant.
Héritier de Noêl Rocchiccioli et de la folle épopée de Tintin Casemac, avec lui impossible ne sera jamais ajaccien. Le Poulardin est le compagnon de la poularde, volaille que l’on engraisse pour la table. En ses prochaines réjouissances de fin d’année, venez nombreux au palais des congrès pour déguster ce curieux volatile a la mode ajaccienne. Le chef Michel nous a concocté un Poulardin gratiné dans sa salve d’applaudissements et ses fous rires incontrôlés accompagné d’un rouge de plaisir cuvée spéciale 2005. A consommer sans modération !

THEATRE SAINT GABRIEL

THEATRE SAINT GABRIEL

L’affaire du théâtre St Gabriel fit couler beaucoup d’encre en son temps. Véritable piste aux étoiles ayant accueilli les titans de la scène, la vénérable institution avait contribué à la mise en orbite de sa ville mère dans l’Europe de la culture. Subitement la sémaphore rayonnante à cessé d’émettre sa lumière balisante. Amputée dans sa chair et dans sa vitalité Ajaccio ne s’est jamais remise de la perte du plus scintillant joyau de son impériale couronne.
Si à l’issue du trépas le corps retourne à sa poussière originelle, l’esprit, quant à lui, est condamné à une errance sans fin dans les limbes des immensités glacées du territoire des ombres d’où il ne pourra s’extirper qu’à la faveur de sa réincarnation dans le monde de la forme et du mouvement. Comme un «Titanic» de pierre ayant sombré dans un océan d’oubli, l’âme chantante de feu le théâtre St Gabriel attend l’heure de la résurrection et de la réhabilitation depuis la fatidique nuit 27 Octobre 1927.
1830-1927 : au terme d’un grand siècles parsemé d’opéras, de comédies et de bel canto, une certaine vision du monde de la culture et un art de vivre s’évaporent dans la fuite ascensionnelle des volutes de fumée de la honte et de l’infamie. Cruelle ironie, pour ce haut lieu du répertoire classique, que de tirer sa révérence sur une spectaculaire représentation « Néronienne ». Le dernier rôle aura été pour les flammèches et les fumerolles dévastatrices de l’enfer de la fournaise.
Dans ce grand théâtre de la vie quotidienne qu’est déjà l’Ajaccio de ce début de xx°siècle, les mésententes, les querelles de clocher, le jeu funeste de la « pulitichella » et autres prévarications à la solde d’intérêts particuliers sèment de façon virulente la paralysie et la destruction de toute vie culturelle et sociale au service de la cause publique. Dans les décombres calcines de la grande « arène sanctifiée » on retrouvera des bidons de pétrole sans qu’aucune enquête ne soit ouverte. Le théâtre St Gabriel à vécu. Aujourd’hui, 80 ans après le sinistre autodafé, la cité impériale est toujours orpheline d’une scène digne de ce nom. En lieu et place de l’ancien temple de la culture, l’hôtel des postes et son beffroi d’un goût discutable sont les mauvais symboles de certains aspects pratiques de la vie moderne. Seuls subsistent du défunt bâtiment, son monumental parvis et son esplanade occupée par des kiosques à journaux et friandises.
Synonyme de féerie et de nostalgie pour quelques vieux Ajacciens, le lieu est noyé dans le plus complet anonymat pour les jeunes générations. Tragique dans son dénouement, mais truculente dans son déroulement et dans ses fulgurances, l’histoire du théâtre St Gabriel mérite d’être contée comme un pan glorieux du riche passé Ajaccien.

Genèse et faste dans un grand XIX°siècle.
En ce temps là l’astre Napoléonien brille à son firmament. En 1808, Ajaccio compte 9000 âmes et se pose en bourgade de l’ancien temps. La Corse s’apprête à vivre sa « renaissance » en s’ouvrant au modernisme. Le préfet de Corse, Gabriel Comte de Lantivy sera l’homme de base du nouvel urbanisme de la cité. Les murs du vieil Ajaccio sont démantelés et le matériau ainsi disponible est affecté à la construction de nouveaux ensembles. De grandes avenues tracées au cordeau voient le jour et la ville s’arrime à son destin de capitale Corse.
Le 9 juillet 1826, le conseil municipal Ajaccien autorise le maire Constantin Stéphanopoli à acheter un terrain à la veuve d’Etienne-Po, née Madeleine Sabatini. Après la pose de la première pierre sur cet emplacement le 23 septembre 1827, trois années seront nécessaires à l’édification du théâtre dont les plans son réalisés par Jouvin, ingénieur des Ponts et Chaussées. L’édifice portera le nom St Gabriel en l’honneur du préfet Lantivy qui avait été l’instigateur de ce renouveau architectural comprenant aussi la préfecture, la caserne Abbatucci et le palais de justice.
L’inauguration a lieu le premier Février 1830 dans l’enthousiasme général en présence du maire, du préfet et de tout un parterre d’officiels. On y joue 2 vaudevilles, « le bourru bienfaisant » et « le somnambule » sous la direction de Belfort. S’égrène ensuite une longue litanie de succès, « Don Pasquale» de Donizetti, «Le Bal Masqué», «Rigoletto», «Le Trouvère », «La Traviata », «La Tosca», mais aussi des opérettes comme «Les Cloches de Corneville», «Les Mousquetaires au Couvent», «Les Saltimbanques » etc…..
D’une capacité d’accueil de 800 personnes, la «Bâtisse» du cours Ste Lucie (ancienne dénomination du cours Napoléon) voit défiler les opéras les plus prestigieux estampilles Bellini, Rossini, Donizetti, Verdi, Coppola ou Mercadante pour ne citer que les plus grands. Têtes couronnées et événements marquants vont aussi contribuer au renom et à la légende du théâtre St Gabriel. Le 5 novembre 1836, une représentation est donnée en l’honneur du Duc d’Orléans, fils de Louis Philippe. En Mars 1854, la troupe de la Scala de Milan réserve à la ville la primeur de sa première apparition en France. Le 2 Février 1862 est donné «Ivanhoé »,opéra composé par un jeune Ajaccien, Thomas Sari, qui à transcrit la musique de l’Ajaccienne dont l’auteur est inconnu. Malgré des hauts et des bas en partie liées à une exploitation déficitaire, le point d’orgue de ce XIX° siècle restera incontestablement le 29 Août 1862 avec le magistral opéra de Verdi «Le Trouvere» joué en l’honneur de l’Impératrice Eugenie et du Prince Impérial en visite dans la ville berceau des Bonaparte.
Les fastes d’une époque bien révolue régalent un public d’Ajacciens fins connaisseurs des choses de l’opéra. « Lorsque l’on à été applaudi à Ajaccio on peut jouer sans crainte dans le monde entier. Cette phrase significative d’un artiste témoigne du haut degré de compétence et de passion ardente et vécue du public local.
Le 7 novembre 1796, l’entrée en scène d’un personnage majeur de la saga du St Gabriel permettra dorénavant d’exploiter cette veine lyrique typiquement Ajaccienne. Les trente années qui vont suivre représente l’age d’or de l’épopée du théâtre. Elles seront aussi son chant du cygne.

Un homme théâtre, un peuple
mélomane, une légende en lettres d’or.
Voici un homme qui mourut de la mort de son cher théâtre. Voici un géant qui régna sur trois décennies de vie culturelle Ajaccienne. Voici un amoureux du Bel Canto qui passa une grande partie de son temps entre Vienne, Milan et tout ce que l’Europe compte de places artistiques pour visionner des spectacles. Voici un chef d’entreprise qui joua les mécènes et engagea les ressources de sa scierie de St Joseph et de son atelier de peinture au profit de sa cause sacrée. Voici un humaniste et un philanthrope qui contribua à la diffusion de son art auprès des plus défavorises. Voici un esthète et un homme de goût qui s’entoura de décorateurs et de peintres dans sa quête perpétuelle d’absolu et de perfectionnisme. Voici un précurseur en son temps qui fit venir à la Corse ébahie le cinématographe des frères Lumière en organisant 1897 les premières séances de projection dans le péristyle du théâtre. Voici enfin celui par qui la lumière fut par le biais de la première électrification d’un bâtiment public Corse grâce à un ingénieux système de dynamo entraînée par une machine à vapeur. Président du comité central Bonapartiste, ami des arts et des lettres, proche de son peuple à qui il réservait gratuitement le «poulailler» du dernier étage, François Simongiovani fut tout cela avec l’élégance d’âme et la bonté naturelle de ceux chez qui exister et partager se conjuguent avec la même humanité. Que dire de plus sur lui et de l’offrande qu’il fit de sa personne, sinon qu’il incarnat durant son règne la tessiture veloutée aux suaves sonorités protectrices du royaume des harmoniques et du souffle, de la mezza voce, de l’aigu, du médium et du grave. Qui serait le maître du son, serait le maître des foules.
Les voix les plus prestigieuses retentiront dans le giron Ajaccien : César Vezzani, Gaston Micheletti, Fagianelli ou le grand Georges Thill. Interprètes et ténors débarquent des opéras de Paris, Toulouse, Vienne, du San Carlo de Naples ou de la Scala de Milan.
En ce vingtième embryonnaire, Ajaccio est un petit Nice. Touristes anglais et parfois Russes affluent dans cette station à la mode. On vient prendre le soleil et jouir d’un site incomparable. De ville écrin de beauté exceptionnelle qu’elle est, la cité de l’Empereur se verrait bien en ville d’art. L’essor du théâtre arrive à point nommé. Les petits orchestres pullulent sur ce terreau propice. Les acteurs et chanteurs étant logés chez l’habitant, les figurants et les choristes se recrutent sur place. Les entrailles du Borgu et du Carrughju regorgent d’oiseaux chanteurs et sifflotants. Une école Ajaccienne du chant se met en place peu à peu dont les Tino Rossi, Marc Paoli et consorts seront les héritiers légitimes.
De 1896 à 1927, durant le temps béni de la gérance de François Simongiovani, le succès du théâtre généra un effet de masse dans son sillage. Fédérateur, acteur social et culturel incontournable, son aura et sa notoriété créent forcément des jalousies et des haines à l’heure ou le développement du cinéma commence à devenir source de profit pour les premiers exploitants de salles. La suite, nous la connaissons, le feu et son pouvoir annihilateur s’en sont chargés. Les époques se succédant, l’ère du cinéma parlant annonciatrice de la civilisation de la petite lucarne vient de frapper les trois coups de son entrée en scène. Ita missa est !
Pour célébrer cette ode à la joie et à la grandiloquence que fut le théâtre St Gabriel, finissons par une histoire Belge. Un jeune noble Français amoureux d’une comédienne avait suivi une troupe Belge à Ajaccio. Un soir de représentation le jeune homme monta sur scène et déclama un poème à l’intention de sa dulcinée. Le compositeur Van Campemhout mit en musique les paroles enflammées et ainsi naquit l’ hymne Belge plus connu sous le nom de La Brabançonne.
Les moments ou une idée, issue d’un cerveau s’empare violemment de milliers d’êtres, ces instants sont les plus intenses de l’histoires de l’humanité. Les lieux ou se font l’histoire sont comme les idées fondatrices, immortels à jamais.
François Poli

Au sources de la passion

Au sources de la passion

«Cela fait maintenant un an, deux mois et un jour que le regretté Henri Toivonen nous a quitté». In vino veritas. L’homme qui tient ces propos ne possède peut-être plus tous ses esprits à cette heure avancée de la nuit, mais le décompte précis et exact témoigne en cela de l’attachement viscéral du locuteur aux choses du rallye.
Agé de 46 ans Gaby vit à Ocana. Tout jeune il n’avait qu’à ouvrir les fenêtres de sa chambre pour voir passer les bolides qui s’affrontaient le long de l’épreuve aux dix mille virages. Clouée au dessus du seuil d’entrée de sa maison, une pancarte officielle «tour de Corse automobile» donne le ton. Son intérieur est entièrement façonné par sa passion exclusive. Depuis sa collection de modèles réduits au 1/43eme jusqu’à ses nombreuses vidéos, il respire l’univers mécanique par tous les pores de son corps. Des tonnes de piles de magazines valant une fortune, Rétro Course, Rallye Magazine, Compte Tour, Auto Moto ou bien Echappement, s’entassent dans ce capharnaüm dédié au dieu de la course, sorte de compromis d’onirisme et de science infuse encyclopédique dans le quel Gaby est tombé lorsqu’il était tout petit. Tout cela vous inocule le virus de la vitesse par l’intraveineuse de la passion et trace la voie d’un homme pour le restant de ses jours. Ami intime d’Yves Loubet qui reste pour lui la référence absolue, Gaby Casanova se complait à citer ses «paisani» Guy Fiori, Titi Muselli, Jean Michel Remiti et Gerard Flottes ainsi que d’autres pilotes insulaires comme Laurent Poggi, Jean Simon Battini et Patrick Langiani dont il est très proche. Il voue aussi un culte quasi religieux aux chers disparus que sont Attilio Bettega, Henri Toivonen, Marco Massoroto et….. Ayrton Senna.
A l’approche du tour de Corse, il bricole et astique ses deux véhicules personnels, une Talbot Samba groupe B ex Gilbert Casanova et une Alfa Giulia en rêvant a leurs commandes de temps scratches et de pilotage spectaculaire devant un fan club tout acquis à sa cause.
Il est comme cela Gaby, idéaliste et fidèle en amitié. Chaque année, à l’occasion de l’épreuve reine il reconstitue avec ses amis de cœur, Paul et Joseph, Ocanais d’origine comme lui, le trio de ses vertes années. L’un et l’autre de ses compères, respectivement notaire à la ville et responsable de la pharmacie de l’hôpital, ne rateraient pour rien au monde ce pèlerinage annuel aux sources. La course ayant boudé leur beau village, ils vont se poster tous les trois à l’arrivée de la spéciale la plus proche à Bastelica.
Tôt le matin, Paul passe prendre ses amis avec son 4×4 rutilant entretenu hebdomadairement de façon obsessionnelle à la station service Ceccaldi et les voila en route pour la montagne vrombissante de la sarabande endiablée des moteurs tournant à plein régime. Une fois sur place, l’attente jubilatoire commence. En chasseurs avertis ils ne manquent pas de relever les traces encore fraîches du sanglier tout en croquant des arbouses à la pulpe sucrée encore recouvertes de la rosée du matin. Dans cette communion avec la nature vient l’heure des borborygmes et des premiers creux à l’estomac. Joseph s’empare du panier en osier empli de victuailles pour entamer le premier «spuntinu» de la journée. Les trois amis s’empiffrent de jambon cuit «l’infernu» aromatise aux herbes du maquis accompagné par l’oignon du jardin et le fromage «merzu», le tout arrosé par le rouge qui tache de la vigne de Paul. Le premier son strident et lointain de moteur en surrégime surprend Joseph en train d’essuyer d’un revers de main un magma blanchâtre mal digéré dégoulinant mollement par la commissure de sa lèvre. L’haleine chargée empuantie par ces excès ingurgites trop vite et par l’acre fumée à l’odeur forte dégagée par son Havane quotidien, il respire à pleins poumons l’air vivifiant et pur des hauteurs. Paul s’empare de son caméscope et procède aux derniers ajustements avant le passage des voitures. Dieu que la montagne est belle semblent -ils se dire à l’unisson, enchâsses qu’il sont entre cette nature vierge immaculée et ce ballet incessant de prolpuseurs à l’agonie résonnant contre les hautes parois rocheuses.
Fête épicurienne aux relents nostalgiques, cette journée du tour est un retour aux joies simples et saines du paradis de l’enfance. Le soir en s’endormant, Gaby pourra rajouter un nouvel épisode à l’épique saga entamée depuis déjà si longtemps.
François Poli

VICO compte ses tours

VICO compte ses tours

Ilot de blancheur crayeuse émergeant au beau milieu d’une mer agitée de verdure chatoyante, le couvent St François fait face à l’étirement longiligne de l’imposante bourgade Vicolaise et surplombe de ses hauts murs multiséculaires le fond de la vallée des Due Sorru dans laquelle le Fiume Grossu poursuit sa tumultueuse et chaotique fuite en avant suicidaire sous la mystérieuse présence tutélaire de dame Sposata figée à jamais dans sa torpeur minérale. Lieu de quiétude, de sainteté et de rayonnement spirituel, l’enclos sacré n’était pas prédisposé à subir les diaboliques assauts saccades et stridents de modernes sirènes aux chants profanes et plaintifs venus tout droit des profondeurs des forges de l’enfer mécanique.
Depuis quelques années, la caravane du tour a installé ses pénates en face de l’édifice des missionnaires oblats d’où est donné le départ de deux spéciales. Terre de rallye traditionnelle, Vico, par le dynamisme constructif de sa municipalité et par la volonté de sa population, est en passe de gagner ses galons de place forte incontournable du tour de Corse. Cette année encore, grâce à l’implication et la bonne grâce d’un groupe de mordus de la vitesse, les petits plats seront mis dans les grands. Marie-Rose Santini, Emilienne et Tiffany Leca, Marilyn Bikodoroff, Jean Pierre Giorgi, Andrée, Jean-François, François Xavier et les autres seront encore là pour distribuer cafés, boissons, gâteaux, friandises, sourires et bonnes paroles aux officiels, pilotes et spectateurs. Déjà organisateur d’une tombola dont le bénéfice avait été entièrement reversé à l’ASAC, ce noyau dur n’en est pas à son coup d’essai. Se déplaçant chaque année au rallye de Sardaigne il vit sa foi intensément dans une fusion intergénérationnelle enrichissante.
Emilienne Leca, une des passionarias de la bande est intarissable sur le sujet et connaît son rallye sur le bout des doigts. Son père aujourd’hui décédé, Bruno Callegari, lui a transmis la flamme dès sa plus tendre enfance. Le sujet l’habite entièrement et les anecdotes, historiettes et souvenirs s’égrènent dans sa bouche avec un débit régulier et assuré. Elle conserve religieusement chez elle les gants de course que Sébastien Loeb et Gigi Galli ont offert à sa fille Tiffany en Octobre dernier. Yves Loubet, Bruno Saby, Jean Claude Andruet , François Delecour, Jeannot Ragnotti ne sont pas ses idoles de papier glacé mais ses amis en chair et en os avec qui elle a noué de nombreux contacts. L’année 1996 gardera toujours une saveur particulière avec le départ d’une épreuve chronométrée depuis la place casanelli d’Istria face la pâtisserie Geronimi si chère à son cœur de Vicolaise.
Ce n’est pas sans fierté et sans bonheur qu’elle nous annonce le déroulement prochain d’épreuves rétro dont Vico sera le centre névralgique. Fin Avril, se dérouleront successivement un rallye de vieilles voitures et le Corsica rally histoire organisés respectivement par Françoise Arrighi et François Padrona, tous deux enfants du canton. Ensuite, au mois de Juin, ce sera au tour du rally historique placé sous l’égide de Yves Loubet d’emprunter les routes menant à l’agglomération Vicolaise avec la participation de François Paoli, Murzais pure souche et patron du café nationale au volant de son antique Citroën Cx comme a ses plus beaux jours de jeune premier aux dents longues du sport automobile insulaire « Cela nous permettra de revoir François Delecour », lance Emilienne avec une pointe de nostalgie et un réel plaisir dans la voix.
Vico, fief des seigneurs de la Cinarca et terre ardente de passion se prépare à fêter dignement les héros du cinquantenaire du tour.
Le tocsin du couvent va battre la chamade, les sarrasins sont en terre sainte. Hubert Sarrazin, oncle de Stephane Sarrazin pilote officiel Subaru, est prêtre au couvent St François. Les voies du seigneur sont impénétrables.

Fureur de vivre a l’ ajaccienne

Fureur de vivre a l’ ajaccienne

Durant les années disco, un groupe de fous du volant compose de casse cous intrépides et de «vitellone» en mal d’action semait la panique et créait l’événement dans les rues d’une cité impériale médusée émergeant a peine de « trente glorieuses » de quiétude et de relative prospérité. La fièvre mécanique, présente dans tout cerveau insulaire, trouvait la un terrain d’expression à la mesure de ses fulgurances et de ses rageuses accélérations d’ adrénaline.
«Rebels without the cause», jeunes gens tout juste sortis de l’adolescence et héritiers des James Dean, Nathalie Wood et Sal Mineo, «la bande du Wagram» symbolise la soif de liberté et la fureur de vivre de toute une génération en mal de repères et de défis ayant vocation a combler son vide existentiel. Trois décennies avant le projet de déroulement d’une spéciale de championnat du monde intra-muros, Ajaccio, son site et son décorum étaient déjà le cadre d’une épreuve de course automobile par la volonté furieuse et pétaradante de sa jeunesse dorée et impulsive emportant tout sur le passage du trop plein de vigueur de sa sève débordante.
Surfant sur la vague universelle de «l’américan way on life» porteuse de toutes les espérances et fille d’une identité îlienne très marquée, cette génération au caractère bien affirmé allait créer une dynamique contagieuse dans laquelle s’entremêleraient l’esprit communautaire, la liesse à fleur de peau, l’esprit de compétition et un art de la mise en scène et de la macagna si typiquement Ajacciens.

Gags, marée chaussée et comédia del arte.
En ces temps bénis de l’insouciance des seventies, nos héros s’appellent François Bassoul, Patrick Altana, Richard Appietto, Gilles Ragache, Bastien Pisano, Antoine Poli dit mesrine, Jean-Michel Richaud ou bien Michel Ciccada, pour n’en citer que quelques uns. Les Renault 5 alpine, Citroën visa, cx, Simca Rally, Nsu, 304, 900 KAWA, 1000 Honda gold wing, expressions techniques de toute une époque, sont les montures démoniaques de ces preux chevaliers de l’apocalypse conquérants de l’impossible.
Ajaccio la frimeuse commence à exposer ses extravagances toutes latines par le biais du cheval débride et chrome de la belle mécanique agressive. La place Diamant et le repaire du «Wagram», cher aux frères Jean Claude et Paul Buresi, fait étalage de gros cubes et sportives surpuissantes comme autant de signes ostentatoires de l’esprit insulaire et monta sega. Ces modèles dernier cri attirent l’œil du touriste et du badaud peu habitues à une telle débauche de luxe et de m’as-tu vus. Dans ce creuset de l’amitié et de l’esbroufe tout est bon pour épater le copain ou séduire la jeune fille que l’on convoite, la palme de l’excellence revenant pour cela à Michel Ciccada, dont les cinq motos, ni plus ni moins, sont alignées en file devant le Wagram.
C’est dans ce contexte exhalant des fragrances d’huile de moteur et de gomme brûlée qu’allait naître spontanément l’idée de joutes et de défis dans les rues tortueuses de la ville. Au départ simple pari entre amis, la chose allait prendre des proportions inimaginables entraînant dans son sillage une grande partie de la jeunesse et de la population. L’idée était simple, sur un itinéraire traversant le cœur de la cité, les concurrents en lice devaient réaliser le meilleur chrono possible en effectuant les figures les plus acrobatiques. Départ devant le Wagram, descente vers le casino qui s’effectuait alors par la traversée de la place Diamant, virages de la citadelle et de la gare comme juges de paix et retour par le Cours Napoléon, la boucle était bouclée.
Après un cérémonial d’ouverture des hostilités lors duquel Jacky Santelli grimé en pape et haut perché sur une 2 CV décapotable bénissait la foule avec un wc en guise de bénitier, les chevaux vapeurs étaient lâchés dans le grand terrain de jeu qu’était devenu la ville. Que d’anecdotes croustillantes, que de frasques mémorables, que de tôles froissées ! La place Diamant se découvrait un maire président en la personne de Michel Ciccada. Par un effet boule de neige, spectateurs et «membres du jury» rajoutaient du piment à la fête, n’est ce pas messieurs Marc Musselli dit Poulardin, Jean Scamppuddu, Tony Pozzo di Borgo, Jean Pierre le chinois, Jean pierre Sollacaro, Titi Gutera, Manu Maisani, Johnny le Suppion, Doudou Milano etc.….Vos noms et vos prouesses sont trop nombreux pour qu’on puisse les citer tous. Ayons une pensée pour le pauvre Zézé Patacchini chauffeur de bus à la mentalité exemplaire et à la bonté infinie, dans l’obligation de patienter jusqu’à la fin des débats pour effectuer sa rotation vers les plages de l’Ariane, fief de Roger Marcucci. Que dire de l’intervention de la marée chaussée qui avait confondu un mouvement de foule autour de la course avec une manifestation d’hostilité envers Mme Giscard d’Estaing, femme du président, qui effectuait alors une visite à Ajaccio ! Lorsque nous trifouillons un peu dans la boite à souvenirs, l’histoire de l’énorme turgescence phallique confectionnée en pain congelé et suspendue entre deux arbres contre laquelle vint buter un bus de la ville relève du Pagnolesque à l’état pur. Batailles d’œuf, tarissement de jet d’eau, affrontement bon enfant avec la force publique, espiègleries en tous germes, il faut se dire aujourd’hui qu’il fallait que jeunesse se fasse. Thomas Casalonga, Laurent Lucchesi, Dumé Leonzi, Angeot Peroni, Marius Brescia, Antoine Rossini, Sebastien De Gentilli, Jacky Colombani… longue suite sans fin de farces et attrapes, les années ont passé mais le bitumeux épiderme violenté du pavé Ajaccien se souvient. Si seulement vieillesse pouvait encore !

VICTOR SINET Globetrotter de la planete foot

VICTOR SINET Globetrotter de la planete foot

Lorsque les équipes de France et d’Italie ont pénétré sur la pelouse du stade olympique de Berlin en ce 9 juillet 2006, Victor Sinet a sûrement ressenti un pincement de nostalgie et de tristesse mélangées puisant ses racines profondes dans le creuset de plusieurs coupes du monde vécues aux quatre coins de la planète.
10 phases finales couvertes en tant que correspondant de l’Equipe et de France Football depuis la glorieuse épopée Suédoise de 1958 jusqu’à l’apothéose sublime en 1998 en la nuit chaude et étoilée de Saint Denis, une science de football inégalable étayée par quatre décennies de vie professionnelle et ponctuée par la parution de plusieurs ouvrages, une acuité et une hauteur de vue éclairante pour le profane ou pour le simple amateur de ballon rond, Victor Sinet en impose par son vécu, sa stature mais aussi par sa facilité d’accès et la flamme de la passion toujours présente dans ses yeux d’éternel jeune homme septuagénaire.
Qu’il s’agisse de l’univers de la petite sphère de cuir ou de celui plus compliqué des choses de la vie, c’est toujours la petite étincelle de l’engouement sans restriction qui aiguillonne la pensée toujours en éveil de cet observateur hors pair.
Globe trotter de la planète foot, chroniqueur permanent pour France Football pendant 35 ans, notre homme n’échappe pas pour autant à un sentiment Ilien chevillé à l’âme présent en tout insulaire.
Lui «qui descend de son nid d’aigle d’Albitreccia tous les matins» et vous reçoit avec gentillesse et courtoisie dans le hall d’exposition de la Mairie voue un culte sacré à la «mère patrie corse». Professeur de corse, auteur d’ouvrages écrits en langue insulaire, il publie ces jours-ci «chroniques Corses au fil des jours», mélange de petite et grande histoire, remontant aux temps épiques et obscurs du légendaire Arrigho Bel Messere jusqu’à la non moindre épique tragi-comédie des fumeuses paiLlotes. Eclectique dans ses passions et ses pôles d’intérêt, mais fidèle et proche dans ses amitiés et ses combats, Victor Sinet possède plusieurs cordes à son arc qu’il sait bander fort pour répondre aux lointaines convictions fortes et vérités bien assenées.
En ce début d’été, dans le cadre historique du hall de la Mairie, l’auteur d’un retentissant «Corse Football de feu» passé à la postérité offre à nos regards ébahis un panorama complet de l’histoire de la coupe du monde depuis ses «célestes» origines uruguayennes en 1930 jusqu’à l’édition française de 1998.
Car il est ainsi fait, Victor Sinet, les chemins défendus conduisant du particularisme particulier jusqu’à l’universelle globalité via l’insondable générosité sont les seuls qu’il connaisse.

Un mythe revisité par la magie d’une collection
Une histoire à raconter aux enfants, une histoire de joutes, de grandes batailles, de stratégies, de grands généraux, d’illustres inconnus, une histoire d’éternels recommencements, de progrès techniques et tactiques, d’embuscades fatales, de rois et de héros maudits, de bons et de méchants, de champions sans couronne, de sueur, de larmes, de sang versé, de liesse populaire, d’amour fou, de grands désespoirs…
Une grande saga humaine…quoi !
Presque un siècle de tournois mondiaux défilant sous nos yeux, par le biais d’innombrables archives, ouvrages, illustrations, gadgets, colifichets glanés ça et là de la carrière journalistique de Victor Sinet. Cartes postales officielles et timbres commémoratifs des pays organisateurs à la valeur inestimable côtoient des centaines d’objets symboliques et significatifs selon un ordre chronologique. Depuis 1930, la «Céleste au sommet», 1950 «la désillusion Carioca», 1970 «a troisième du Roi Pelé» 1978 «malheureux hollandais» ou bien en 1994 «la coupe aux longs voyages». C’est un curieux voyage dans l’espace et dans le temps que nous sommes conviés à travers la magie du dieu football. Coupures de presse, magazines d’époques révolues, riche iconographie restituent le temps et l’atmosphère perdues et enfouies à jamais dans l’inconscient collectif humain.
Cela peut être la photo d’un quart de finale Cuba-Suède en 1938 avec le fort d’Antibes en arrière plan, le salut nazi effectué par l’équipe allemande d’avant guerre, un cliché de Léonidas le prodige Brésilien évoluant pieds nus ou un ballon imprimé couvert par les autographes des joueurs du Grand Reins composant l’ossature de l’équipe nationale de 1958.
Qui se souvient du lion Willie, premier symbole d’une coupe du monde, celle de 1966 en Angleterre ?
Qui s’inquiète aujourd’hui pour Tip et Top, Tip und Top dans la langue de Goethe, ces deux garçons aux airs ridicules et aux maillots trop courts inventés pour l’édition Allemande de 1974? Puis il y eut Gauchito en 1978, Naranyto en 1982 et Footix en 1998.
Certaines illustrations sont de pures merveilles comme celles issues d’un magazine italien et mettant en exergue un héros de chaque édition. Citons, 1934 avec Meozza «Il Bolilla Azuro», 1958 «l’inizio del mito» avec Gilmar le gardien Brésilien ou 1986 et «La mano di Diero» en laquelle tout le monde aura reconnu le génie de Maradona.
En clôture 18ème Coupe du Monde, 80 années d’existence auraient suffit pour faire de la compétition reine un mythe aux dieux aussi influents que ceux qui présidaient les destinées humaines depuis les sommets de l’Olympe.
La légende est en marche, jusqu’où ira-t-elle ?

Discotheque U SERENU des annees magiques

Discotheque U SERENU des années magiques

Est-ce ce lieu qui a quelque chose de magique, qui inspire les nuits les plus folles, ce bal d’Halloween du 31 octobre a venir, ne pouvait éveiller en moi quelques fantômes du passé. Décembre 1982, Martin Bonardi et Ange Luciani décidaient de créer un bar au rond-point d’Afa, jusque là rien de bien nouveau, oui, mais un bar doublé d’une discothèque là était le challenge !. Alors que le golfe d’Ajaccio rivalisait d’établissements de nuits, Blue Moon Rive-Sud, le Week-End, le Palm Beach et le Sun Club Rive Ouest, seul un lieu à forte identité, pas comme les autres, pouvait prendre sa place «in paese». Félix Bonardi au comptoir, son frère Paul à l’accueil, des DJ sur mesure (Cloclo à fond alors qu’il n’était pas programmé ailleurs, musiques latines, disco et même Fanfan la fanfare de Carlos) des soirées à thèmes : Carnaval, Western, Sport, Travestie, Pyjamas, de l’alcool bien distribué,

une équipe de jeunes filles en avance sur leur tepms, plus prompts à s’abreuver de Gin Gordon et se déchaîner sur la piste qu’à attendre leurs fiancés aux box, une alchimie qui créa une ambiance festive qui fit fusionner une clientèle ou plutôt des hôtes hétéroclites, Afaghjincu, jeunes des quartiers, et Ajacciens mondains, tous unis dans la folie. Le paroxysme fut atteint pour le réveillon 1984 qui reste inoubliable pour les nombreux convives de cette nuit là qui résonne encore de cet hymne «Césame, Césame ouvre toi, je suis le meilleur ami d’Alibaba». S’il est des images à retenir en plus de Félix trônant derrière son comptoir distribuant “Flachine à la vollée”, montant la Segua à l’auditoire, les pas de danse du «jeune Cazaroli», les premières bringues de Jean-Do Miniconi, Chuck Marcucci triomphant, Bati Muroni l’espiègle, François Paoli encore infirmier militaire qui traîne à l’affût de quelques idées novatrices (Studio 20) et de quelques parfums de femmes… Pierre Battestini au début de son parcours de Night Clubbers Ajaccien, Gérard Giraud veillant au comptoir, Marcel Montiel et les jeunes étudiants Aixois délaissant les boites provençales pour s’encannailler ici, les débuts du «petit Paul Corticchiato» aujourd’hui night director mondialement reconnu, c’est en ces lieux qu’il connu sa moitié, Caro alors adolescente, et bien sur comment m’oublierais-je : votre serviteur, aux excentricités et autres contorsions inégalées.
Les nuis ne suffisant plus, il fallut le dimanche pour les terminer, les délires allèrent jusqu’à tourner un film «Rat Face», une anthologie – par Marc Antonetti – …mais c’est une autre histoire…
La discothèque U SERENU ne vécut que trois ans, mais quelles années !!!
Au moment ou ce lieu redevient un lieu de fête avec ce bal d’halloween, un clin d’œil à tous ces PolterGuest di a Discoteca U SERENU, Martin, Ange, Félix, Paul, Marylin, Sylvie, Carina, Angèle, Chantal, Babette, Marylène, Cathy, Irène, Marie-Hélène, Pierre, François, Gérard, Jérome, Bati, Christian, Marc, Raymond, Yves Ted, Jean-Do, ….Charles…..
Et j’en oublie…

DUME CATALINI

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