PARFUM DE HAVANE

PARFUM DE HAVANE

Dans un monde de plaisirs calibrés, le seul club de cigare ajaccien, l’Impérial Havana Club présidé par Antoine Buresi, bouscule les habitudes, chahute les préjugés en privilégiant un art de vivre épicurien, mâtiné de bonne humeur et de convivialité. Voyage au pays des fans de havane…

Vendredi 24 juin, 19 heures, Café Fesch. Comme tous les vendredis, la bande à Antoine où se côtoient politiciens de tous bords, médecins, employés, banquiers, coiffeurs et pêcheurs, est attablée en terrasse. Un périmètre de fumée délimite l’espace qui offre une vue imprenable… sur le rond point du Lantivy, passage obligé de tout Ajaccien qui se respecte. Tiens justement voilà Xavier dans son rutilant 4X4 climatisé, qui fait un signe de la main, «mais c’est Xavier», lance Noël, habillé aux couleurs de l’été avec son jean rouge et son Lacoste blanc. Entre deux bouffées, les «macagne» fusent, André ouvre le bal, bientôt rejoint dans sa joyeuse diatribe par «Nico» qui place les vannes toujours là où il faut… Vissé dans son fauteuil, Robert apprécie, presque en aparté, les deux «sages» Tony et Jean-Jacques, imaginent la suite de la soirée, dans une version plutôt sud-américaine. Dommage mais Serge «du» Bastia où ils sont «un» ne pourra être de la partie.
Riad, le barman du Fesch est attentif et toujours disponible… quand il s’agit de parler (en bien) de son idole Zizou. Sur la table, où les cendriers se remplissent d’une cendre aux contours parfaits, le vin (rouge et blanc) est de mise, il est temps pour l’autre Tony dit «l’élégant», qui ne fume que du «lourd», de sortir son «Sublimès» de Cohiba, Pascal son binôme, acquiesce dans un large sourire. Plus discret, le sieur Christophe de Neuilly, devise devant un auditoire tout acquis à sa cause, avant d’être dérangé une énième fois par son portable. A l’intérieur du bar, la belote tire à sa fin, Nono va pouvoir rejoindre le groupe et commencer à fredonner «Dos Gardenas», en allumant religieusement son cigare. La fumée s’épaissit, soudain, Maurice surgit du brouillard, un Diademas entre les doigts et commande immédiatement… un quart Saint Georges à notre ami Riad, empêtré à l’autre bout de la terrasse, dans une discussion mettant en cause Zidane.En revanche, Richard n’est pas là, mystère…Les sujets, à vrai dire, ne manquent pas autour de la table, lorsque Milord décrit sa douleur intercostale de la veille à Georges dit «Lelouch», celui-ci lui répond qu’il en passe de ficeler la soirée «cochon de lait» à Cozzano… Freddy, deux chaises plus loin, ne peut s’empêcher de parler de cette mémorable soirée au cabanon de la Parata, autour d’un «Aziminu» du feu de Dieu, où lui et sa guitare, flanqués de l’impassible Vinçent, mèche au vent, tout droit sorti d’un western spaghetti, gratifièrent les irréductibles, d’un pot pourri… interminable.

Du «Fesch» au «Don Quichotte»
Et Fanfan dans tout ça ? «Il va venir», lance sûr de lui, Jean-Jacques, «tiens il arrive…» en effet, on l’entend de là, alors qu’il vient de passer devant le Casino Municipal des jumeaux François et Toussaint…
21 heures : les plus raisonnables sont partis, parmi eux, José et Bernard, mais il reste encore du beau monde fermement décidé à poursuivre la soirée, le noyau dur en fait, qui prend la direction du Marché, passant devant un bar où il y a «Nimo et ses frères» pour aller chez l’ami «Frainçis» du Panier, membre du club et maître du Don Quichotte, l’un des hauts lieux de la cuisine provençale qui vient d’ouvrir, pour la saison, une annexe de «Little Havana», dont le comptoir à cocktails est pris d’assaut par nos amis. «Mojito pour tout le monde !» s’exclame Jean-Jacques, qui s’impose comme le chef de file de la nuit, Tony, lui, toujours prudent, préfère commander, une bière «Porto Latino», il est vrai qu’il commence à avoir «i scarpi strinti». «On est bien chez Frainçis», glissent de concert, les deux Jean, dans un soupir de satisfaction. Bientôt les Tapas défilent au bar cubain, au son de Pedrito Calvo, on s’y croirait vraiment… à la Havane.
Et nos amis ne s’y trompent pas, le «café philo de l’hiver» dans la salle du Don Quichotte est oublié, place aux couleurs chaudes d’un comptoir baigné au rhum et tatoué de Partagas, Romeo et Juliette et autres Hoyo de Monterrey.
L’insatiable André dit «le hussard de la gare», bien qu’en chaussures à bascule, veut pousser jusqu’à Santa Lina, chi saluta!
Il entraîne, dans son sillage, Tony, Jo sans ses béquilles, Jean-Jacques et Jean-Luc, le dernier venu au club. Dans le fief de l’Ange, notre quatuor est sur un nuage… de fumée bien sûr, chacun un «Esplendidos» aux lèvres.
La nuit s’achève, sous les lampions… à vendredi prochain !
Marco DEFENDINI

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