VICTOR SINET Globetrotter de la planete foot

VICTOR SINET Globetrotter de la planete foot

Lorsque les équipes de France et d’Italie ont pénétré sur la pelouse du stade olympique de Berlin en ce 9 juillet 2006, Victor Sinet a sûrement ressenti un pincement de nostalgie et de tristesse mélangées puisant ses racines profondes dans le creuset de plusieurs coupes du monde vécues aux quatre coins de la planète.
10 phases finales couvertes en tant que correspondant de l’Equipe et de France Football depuis la glorieuse épopée Suédoise de 1958 jusqu’à l’apothéose sublime en 1998 en la nuit chaude et étoilée de Saint Denis, une science de football inégalable étayée par quatre décennies de vie professionnelle et ponctuée par la parution de plusieurs ouvrages, une acuité et une hauteur de vue éclairante pour le profane ou pour le simple amateur de ballon rond, Victor Sinet en impose par son vécu, sa stature mais aussi par sa facilité d’accès et la flamme de la passion toujours présente dans ses yeux d’éternel jeune homme septuagénaire.
Qu’il s’agisse de l’univers de la petite sphère de cuir ou de celui plus compliqué des choses de la vie, c’est toujours la petite étincelle de l’engouement sans restriction qui aiguillonne la pensée toujours en éveil de cet observateur hors pair.
Globe trotter de la planète foot, chroniqueur permanent pour France Football pendant 35 ans, notre homme n’échappe pas pour autant à un sentiment Ilien chevillé à l’âme présent en tout insulaire.
Lui «qui descend de son nid d’aigle d’Albitreccia tous les matins» et vous reçoit avec gentillesse et courtoisie dans le hall d’exposition de la Mairie voue un culte sacré à la «mère patrie corse». Professeur de corse, auteur d’ouvrages écrits en langue insulaire, il publie ces jours-ci «chroniques Corses au fil des jours», mélange de petite et grande histoire, remontant aux temps épiques et obscurs du légendaire Arrigho Bel Messere jusqu’à la non moindre épique tragi-comédie des fumeuses paiLlotes. Eclectique dans ses passions et ses pôles d’intérêt, mais fidèle et proche dans ses amitiés et ses combats, Victor Sinet possède plusieurs cordes à son arc qu’il sait bander fort pour répondre aux lointaines convictions fortes et vérités bien assenées.
En ce début d’été, dans le cadre historique du hall de la Mairie, l’auteur d’un retentissant «Corse Football de feu» passé à la postérité offre à nos regards ébahis un panorama complet de l’histoire de la coupe du monde depuis ses «célestes» origines uruguayennes en 1930 jusqu’à l’édition française de 1998.
Car il est ainsi fait, Victor Sinet, les chemins défendus conduisant du particularisme particulier jusqu’à l’universelle globalité via l’insondable générosité sont les seuls qu’il connaisse.

Un mythe revisité par la magie d’une collection
Une histoire à raconter aux enfants, une histoire de joutes, de grandes batailles, de stratégies, de grands généraux, d’illustres inconnus, une histoire d’éternels recommencements, de progrès techniques et tactiques, d’embuscades fatales, de rois et de héros maudits, de bons et de méchants, de champions sans couronne, de sueur, de larmes, de sang versé, de liesse populaire, d’amour fou, de grands désespoirs…
Une grande saga humaine…quoi !
Presque un siècle de tournois mondiaux défilant sous nos yeux, par le biais d’innombrables archives, ouvrages, illustrations, gadgets, colifichets glanés ça et là de la carrière journalistique de Victor Sinet. Cartes postales officielles et timbres commémoratifs des pays organisateurs à la valeur inestimable côtoient des centaines d’objets symboliques et significatifs selon un ordre chronologique. Depuis 1930, la «Céleste au sommet», 1950 «la désillusion Carioca», 1970 «a troisième du Roi Pelé» 1978 «malheureux hollandais» ou bien en 1994 «la coupe aux longs voyages». C’est un curieux voyage dans l’espace et dans le temps que nous sommes conviés à travers la magie du dieu football. Coupures de presse, magazines d’époques révolues, riche iconographie restituent le temps et l’atmosphère perdues et enfouies à jamais dans l’inconscient collectif humain.
Cela peut être la photo d’un quart de finale Cuba-Suède en 1938 avec le fort d’Antibes en arrière plan, le salut nazi effectué par l’équipe allemande d’avant guerre, un cliché de Léonidas le prodige Brésilien évoluant pieds nus ou un ballon imprimé couvert par les autographes des joueurs du Grand Reins composant l’ossature de l’équipe nationale de 1958.
Qui se souvient du lion Willie, premier symbole d’une coupe du monde, celle de 1966 en Angleterre ?
Qui s’inquiète aujourd’hui pour Tip et Top, Tip und Top dans la langue de Goethe, ces deux garçons aux airs ridicules et aux maillots trop courts inventés pour l’édition Allemande de 1974? Puis il y eut Gauchito en 1978, Naranyto en 1982 et Footix en 1998.
Certaines illustrations sont de pures merveilles comme celles issues d’un magazine italien et mettant en exergue un héros de chaque édition. Citons, 1934 avec Meozza «Il Bolilla Azuro», 1958 «l’inizio del mito» avec Gilmar le gardien Brésilien ou 1986 et «La mano di Diero» en laquelle tout le monde aura reconnu le génie de Maradona.
En clôture 18ème Coupe du Monde, 80 années d’existence auraient suffit pour faire de la compétition reine un mythe aux dieux aussi influents que ceux qui présidaient les destinées humaines depuis les sommets de l’Olympe.
La légende est en marche, jusqu’où ira-t-elle ?

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